PHARMA :l’UNOP réalise une étude sur la concurrence dans le marché des médicaments en Algérie

PHARMA :l’UNOP réalise une étude sur la concurrence dans le marché des médicaments en Algérie

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L’UNOP a apporté plusieurs observations sur le contenu et la manière dont le Conseil de la concurrence a élaboré cette étude avec des experts internationaux en la matière.

Réagissant à une étude sur la concurrence dans le marché pharmaceutique algérien, réalisée par le Conseil de la concurrence sous la supervision des experts étrangers issus du programme P3A qui vise à appuyer la mise en œuvre de l’accord d’association avec l’Union européenne, l’Union nationale des opérateurs de la pharmacie (UNOP) a tenu à exprimer sa grande stupéfaction par rapport au contenu et aux conclusions résultants de cette étude.

L’UNOP s’interroge sur « le statut réel de ces recommandations », qui étaient à la base un ensemble d’éléments d’analyse et de conclusions résultant d’une étude et se sont « transformées, sans débat particulier ni autre précaution dictée par la déontologie, en recommandations d’une institution publique algérienne ».

L’UNOP proteste contre cette manière de procéder qu’elle juge « dangereuse et en totale déconnexion avec la pratique habituelle en matière de réception et de validation des constats et des propositions d’une étude ».

Suite à une analyse faite des recommandations de cette étude réalisée en avril 2019, « laquelle déborde par ailleurs largement du champ concurrentiel pour s’attaquer frontalement à l’organisation en place de notre marché », l’UNOP juge que cette approche adoptée par les auteurs de l’étude est inadéquate et peu être une menace pour notre industrie nationale.

Ainsi, l’UNOP considère que le Conseil de la concurrence «ne peut pas s’autoriser à endosser de telles propositions dans un domaine aussi sensible, avant qu’un débat public ouvert à tous n’en ait validé au préalable tous les tenants et aboutissants ».

L’UNOP indique qu’au lieu de « formuler des recommandations sur le thème de la concurrence, l’étude de L’UE commence par s’attaquer frontalement à la politique actuelle des importations de médicaments, ce qui laisse penser que cette étude affiche comme postulat de base l’objectif d’une libéralisation complète des importations de médicaments ».

UNOP

Cela vise, selon l’UNOP, à remettre en cause la politique des pouvoirs publics fondée sur la protection de la production locale. Implicitement, l’étude en question recommande aux pouvoirs publics de mettre fin à sa politique de protection de la production locale au profit de la libération de l’importation.

La large propagation de la pandémie et la peur des mutations rapides du virus ont induit la nécessaire coordination des efforts de tous les pays du monde pour faire face à la situation et l’octroi de fonds par de nombreux donateurs au profit des laboratoires mondiaux concurrents pour la recherche et la découverte du vaccin, ce qui a facilité leur tâche et leur a permis d’y parvenir en moins d’un an, après l’apparition du virus, contrairement aux vaccins antérieurs dont la découverte avait duré plusieurs années, a-t-il expliqué.

La protection du médicament local en ligne de mire

L’UNOP a rappelé dans ce sens que la protection du marché interne est à même de stimuler effectivement la croissance de la production nationale de médicaments, en orientant vers la valeur ajoutée locale des montants importants qui étaient jusque-là consacrés à l’importation. Ainsi, et à titre d’exemple, l’UNOP a cité les importations de médicaments à partir de la France.

« Elles sont passées de 1,051 milliard de dollars en 2014 à 552 millions en 2019 ». L’UNOP considère, en effet, qu’il est « aisé de comprendre que cette évolution, positive de notre point de vue, ne soit pas appréciée de la même manière par nos concurrents étrangers ».

UNOP

S’agissant des prix du médicament sur le marché pharmaceutique algérien, l’Union nationale des opérateurs de la pharmacie a été particulièrement surprise de relever que les auteurs de l’étude ont montré une incompatibilité majeure du cadre légal et réglementaire régissant le prix du médicament sur le marché pharmaceutique algérien.

L’UNOP a expliqué qu’en observant le décret 95-119 du 26 avril 1995, qui fixe la liste des produits à prix réglementés, les médicaments « sont classés dans la catégorie des produits à marges plafonnées, des marges fixées sur la base d’un arrêté interministériel conjoint des ministres en charge de la Santé, du Commerce et de la Sécurité sociale ». Cela impliquerait, indique la même source, que le PSU (Prix sortie usine) « reste fixé librement par le fabricant et que le PPA (prix public Algérie ou prix final du produit) demeure flexible ». Or, dans la pratique, comme l’indique par ailleurs l’étude, « le PPA est de facto fixé par le ministre de la Santé, après avis du Comité économique de fixation des prix du médicament, et est le seul valable sur l’ensemble du territoire national ». « Par conséquent, la réalité du mode de fixation du prix du médicament est donc, comme on le constate, non conforme aux dispositions de la réglementation pourtant en vigueur ».

Dans sa conclusion, l’UNOP a suggéré qu’il est « raisonnable de poser comme règle intangible que tout débat sur la concurrence dans le secteur pharmaceutique établisse une claire séparation entre les aspects liés au mode de régulation des importations et ceux de l’organisation strictement interne du marché pharmaceutique algérien ».

source de l’article : El Watan

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